Dans le cas d’un choix de bilinguisme pour l’éducation et pour l’enseignement de l’enfant sourd, le BIAP :
I. déclare :
L’accès précoce à une langue est un droit pour
tout enfant. Il est une condition indispensable au développement
affectif et social, à la structuration de la pensée, et à
l’acquisition de connaissances. Ce droit concerne à la fois
les aspects liés à la compréhension de la langue et
à son expression.
L’enfant sourd a le droit d’accéder :
à la langue de sa famille
à la langue parlée et écrite de son pays ou de sa région
à la langue des signes de son pays ou de sa région.
L’accès précoce à au moins une langue
accroît les chances de l’enfant sourd de développer au mieux
ses potentialités.
Par conséquent, parents et partenaires de l’éducation
et de l’enseignement ont le devoir de réunir les conditions
optimales permettant l’exercice de ce droit.
Les deux langues prises en considération dans cette recommandation sont :
- la langue du pays ou de la région.
- La langue des signes du pays ou de la région.
II préconise les définitions suivantes :
La personne bilingue est celle qui, selon les circonstances, est capable de comprendre et de s’exprimer dans deux langues en respectant les concepts et les structures linguistiques propres à chacune d’elles. Ainsi, la personne sourde ou entendante qui a la capacité de comprendre et de s’exprimer dans la langue du pays ou de la région ainsi que dans la langue des signes est une personne bilingue.
L’éducation et l’enseignement bilingues sont ceux qui visent la maîtrise de la langue du pays ou de la région et de la langue des signes du pays ou de la région.
L’éducation et l’enseignement en langue parlée , avec ou sans supports visualisés ( voir recommandation 17/02) visent la maîtrise de la langue parlée et écrite.
Il faut entendre par langue écrite l’expression écrite des représentations linguistiques construites à partir du modèle de la langue parlée dans ses aspects pragmatiques, phonologiques, morphologiques, lexicaux , syntaxiques et métalinguistiques.L’éducation et l’enseignement en langue des signes visent la maîtrise de la langue des signes.
III. recommande la mise en place des conditions suivantes :
L’exposition aux deux langues : les deux langues
doivent être présentées à l’enfant dans
tous leurs aspects propres : pragmatiques, phonologiques,
morphologiques, lexicaux , syntaxiques et métalinguistiques.
La précocité de l’exposition aux deux langues
: les deux langues doivent être présentées
précocement à l’enfant car la précocité lui
permet de s’imprégner
des langues à un âge particulièrement
favorable. ( voir recommandation 24/02)
L’accessibilité aux deux langues :
les deux langues doivent être visuellement et/ou auditivement accessibles
à l’enfant dans tous leurs composants linguistiques.
( voir recommandations 06/04
, 06/05 , 07/01
, 17/02 , et déclaration
28/01 )
Le temps d’exposition aux deux langues : les deux langues doivent être présentées à une fréquence suffisante pour permettre leur acquisition.
La valorisation des deux langues : les deux langues
doivent être valorisées, ainsi que les deux communautés
linguistiques et culturelles correspondantes.
Corfou - Mai 2003