Annexe n°2 à la recommandation 06/11 : « Le SPL-O-Gram »

L’appareillage de l’enfant impose une rigueur dans la maîtrise des paramètres de réglages (niveau d’amplification, bande de fréquences…) et dans le contrôle des seuils atteints avec appareillage. La procédure doit permettre de vérifier que les objectifs sont atteints et de prévoir les limites de cet appareillage.

Une interprétation correcte doit permettre d’établir une relation entre les caractéristiques acoustiques des appareils auditifs et le seuil audiométrique individuel de l’enfant. Si celui-ci est difficile à obtenir subjectivement chez les tous jeunes enfants, il faut employer les potentiels acoustiques évoqués à fréquences spécifiques.

Pour comparer directement les résultats obtenus aux tests audiométriques et les mesures acoustiques des appareils auditifs, il est nécessaire de porter toutes les valeurs clairement sur un même diagramme. Un tel support est possible avec un SPL-O-Gram ; Le seuil liminaire est converti en SPL.

Il faut veiller à ce que le bilan d’orientation prothétique prenne en compte :

-         La courbe individuelle RECD ou du moins la valeur moyenne correspondante à l’âge (disponible à intervalles d’un mois pour les bébés)

-         Le CDD, si et seulement si l’on a utilisé un casque de type TDH39

-         Les valeurs individuelles du seuil d’inconfort ou du moins les valeurs moyennes du seuil supraliminaire (selon PASCOE-WERTE)

Le SPL-O-Gram, en se basant sur le RECD ou le REDD, proposera les valeurs finales de gains obtenus aux différents niveaux d’entrée grâce aux méthodes prescriptives d’appareillage et le niveau de sortie maximal.

Utiliser le signal vocal ISTS pour les prothèses numériques, serait l’idéal. Il est alors possible de définir le champ dynamique de la parole transféré à l’aide d’une présentation de percentile par la prothèse auditive en relation avec le champ dynamique résiduel de l’enfant. Il est ainsi facile d’examiner, si les résultats des méthodes prescriptives, ont été atteints.

Pour l’audioprothésiste, pour tous les autres spécialistes intervenants dans l’appareillage, pour l’enfant ou ses parents, il sera aisé de visualiser les fréquences conversationnelles qui sont perceptibles à travers le réglage de la prothèse. Ils découvriront, en outre, la zone non perceptible malgré un réglage optimum.

Partant du fait que les tests audiométriques sont fiables, le contrôle de l’efficacité de l’appareillage peut se faire sans la participation directe de l’enfant.

Il est malgré tout obligatoire de finaliser l’efficacité de l’appareillage par des tests subjectifs (gain prothétique, tests vocaux, questionnaires…) à fin de s’assurer de sa validation.

 

From “audiometer dB(HL) threshold values” to “simulated real ear values in dB (SPL)” :

 

splogram 

 

 

Athènes, 05/2011

 

 

 

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Audiométrie aux inserts

Peu utilisée en Europe où l’audiométrie au casque est la règle. L’audiométrie aux inserts couplés aux embouts auriculaires sur mesure de l’enfant doit être recommandée.

De nombreuses méthodologies de calcul du gain sont en effet simplifiées lors de l’utilisation de cette technique qui prend en compte les données anatomiques du conduit auditif et de la cavité résiduelle.

Il est à signaler que certains fabricants proposent aujourd’hui des mesures audiométriques directes au départ de leurs aides auditives. Cette possibilité n’est pas identique à la technique de l’audiométrie aux inserts.

Avantages :

  1. 1)Technique adaptée à toutes les dimensions du périmètre crânien
  2. 2)Prend directement en compte la forme anatomique du conduit auditif externe
  3. 3)Très efficace chez le très jeune enfant au niveau des réactions d’orientation investigation du fait de la légèreté du dispositif
  4. 4)Atténuation directe du bruit de fond environnant
  5. 5)Peu de transfert transcrânien rendant le besoin de masking controlatéral moins important, ce qui est un avantage dans le cadre de l’audiométrie du jeune enfant
  6. 6)Procédure d’hygiène simplifiée
  7. 7)Les modes de conditionnement habituels de l’enfant peuvent être utilisés
  8. 8)Si l’étalonnage est réalisé en utilisant le dB SPL, les valeurs mesurées peuvent être intégrées sans correction dans les techniques de calcul du gain utilisant le SPL-o- gram
  9. 9)Procédure permettant une audiométrie oreilles séparées

Contraintes :

  1. 1)nécessite un étalonnage spécifique. La calibration doit se faire suivant la norme ANSI S3.6-1996 en utilisant un coupleur 2 cc
  2. 2)Dynamique réduite (limitée à 100 à 110 dB HL) par rapport à des écouteurs externes de type TDH39.

Mise en place  après otoscopie :

On préconise l’utilisation de l’embout sur mesure.

La longueur du tube allant de la sortie de l’adaptateur à la sortie de l’embout doit être de 20 mm.

Dans le cas d’une utilisation d’un embout mousse déformable, son positionnement normal pour une mesure fiable et répétitive doit faire rentrer la surface externe de l’embout moussant à 2 à 3 mm de l’intérieur du conduit auditif externe.

Protocole de mesure :

Le protocole de mesure est réalisé suivant les mêmes modalités que l’audiométrie au casque. Les graphiques audiométriques utilisés dépendent de la calibration en SPL ou en HL.

 

 

Références :

-          Insert earphones for more interaural attenuation : Mead C. Killion, PhD, Laura A. Wilber, PhD, and Gail I. Gudmundsen, MA

Hearing Instruments, Vol. 36 n°2, 1985

-          Comparaison of the noise attenuation of three audiometric earphones, with additional data on masking near threshold

E.H. Berger, Mead C. Killion

J. Acoust. Soc. Am. 86 (4), October 1989

       -     Comments on “Earphones in audiometry”

             Mead C. Killion, Edgar Villchur

             J. Acoust. Soc. Am. 85 (4), April 1989

       -     Reference thresholds for the ER-3A insert earphone

             Laura Ann Wilber, Barbara Kruger, Mead C. Killion

J. Acoust. Soc. Am. 83 (2), February 1988

Bruges, mai 2010

 

 

      

 

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Pour des raisons anatomiques et physiologiques de l’oreille, la prise d’empreinte et la fabrication d’embouts chez les nouveaux nés et les jeunes enfants sont délicates à réaliser. Elles se différencient fortement de la procédure appliquée chez les adultes.

 

  1. La prise d’empreinte

Il faut tenir compte de la souplesse du cartilage de l’oreille et de sa résistance à la pression. L’embout doit exercer le moins de pression possible sur les tissus de l’oreille externe et du conduit auditif afin d’éviter la dilatation exagérée du conduit auditif externe.

Il faut aussi tenir compte du fait que les mouvements de la mâchoire inférieure lors de l’allaitement, la succion, le babillage…modifient le conduit auditif externe dans sa portion cartilagineuse.

La croissance du nouveau-né impose le remplacement fréquent de l’embout (au début, parfois quelques semaines).

  1. Les caractéristiques acoustiques de l’embout

Les nouveau-nés ont un conduit auditif plus court, très étroit et qui se modifie rapidement. Cela limite les possibilités acoustiques (ventilation, gain, Libby Horn,…) et influence la cavité résiduelle. Celle-ci est beaucoup plus petite que chez l’adulte, cela se traduit notamment par une pression sonore plus importante devant le tympan.

Lors d’un appareillage puissant, l’étanchéité de l’embout est encore plus difficile à obtenir que chez l’adulte.

L’effet Larsen est notamment favorisé par le rapprochement du micro et de l’écouteur. La dimension réduite de la conque et les positions spécifiques au nouveau né (couché dans le lit, souvent dans les bras ainsi que le port de bonnet et autres) contribuent à cet effet.

 

APPLICATIONS :

1-      Prise d’empreinte

-          Inspection de toute l’oreille - Otoscope et ses accessoires adéquats

-          Prise d’empreinte avec un matériel à consistance et viscosité souple

-          Pistolet d’empreinte avec des canules adaptées aux dimensions du conduit auditif

-          Lors de la prise d’empreinte être vigilant quant à la protection du tympan (coton)

-          En opposition, par rapport à d’autres recommandations, ne pas placer un appareil auditif derrière le pavillon. Ceci favoriserait plus tard la création d’un vide entre l’embout et la conque de l’oreille à cause du pavillon manquant encore de rigidité.

 

2-      Exigences à remplir pour le matériel de fabrication des embouts

-          Dépendant de l’âge (voir annexe)

-          Matériel hypoallergique (voir annexe)

-          N utiliser en aucun cas un système de polymérisation à froid (voir annexe)

-          embout souple (voir annexe)

 

 3-      Formes et couleurs de l’embout

                       Adaptées à l’enfant

 

  4-    Exigences acoustiques et raccordement

Le choix et l’ajustement de l’embout et du tube acoustique doivent être parfaitement adaptés à l’anatomie de l’oreille de l’enfant.

  1. oL‘embout doit comprendre le 2eme coude et la sortie acoustique doit être centrée et dirigée vers le tympan
  2. oIl faut veiller à ne pas modifier la forme de l’embout souple avec le tube acoustique, spécialement la partie introduite dans le conduit auditif
  3. oLa partie extérieure du tube doit être adaptée à l’anatomie de l’enfant

 

5-       Contrôle de la qualité

-          Il est recommandé de communiquer avec les laboratoires chargés de fabriquer les embouts. Ceux-ci doivent avoir des techniciens compétents pour la fabrication des embouts pour bébés et petits enfants

-          Chaque embout doit être contrôlé avant la visite de délivrance par un spécialiste de l’appareillage auditif pédiatrique. Seul un embout remplissant les conditions optimum doit être utilisé.

-          Adapter un embout est un acte qui doit être effectué par un audioprothésiste compétent en appareillage auditif pédiatrique.

-          En cas d’effet Larsen, lors de la délivrance de l’embout ou constaté par les parents de l’enfant, il est utile de procéder à des mesures d’étanchéité de l’embout avec la mesure feedback intégrée dans les appareils auditifs ou avec des appareils spéciaux (utilisés entre autre dans le contrôle de l’efficacité des protections anti-bruits). On peut de la sorte déterminer la limite physique de l’étanchéité de l’embout. Si nécessaire, il faut remplacer l’embout.

 

    6- Suivi et nouvel appareillage

-          Compte tenu de la croissance de l’enfant, il faut contrôler régulièrement l’adaptation, la forme et la qualité de l’embout.

-          Mesures du RECD (très importante) dans l’action du réglage fin

 

    7- Utilisation et soins

-          Un apprentissage théorique et pratique des parents est nécessaire pour la mise en place, la gestion, la vérification et l’entretien de l’embout et de l’appareil.

-          Remettre un set de produits nécessaires à l’entretien : poire, bombe à air, spray, pastilles asséchantes et de nettoyage, crème, stétoclip avec ou sans filtre, ….

-          Former également le personnel pédagogique (puéricultrice, enseignants…)

 

    8- Embouts spéciaux

-          Embouts pour le processeur de l’implant cochléaire

-          Berceau pour un maintien stable de l’appareil contour

 

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Références bibliographiques :

Berkey, (1995). Guns Putty and Powder or The Audiologists Guide to Impression Material. The Hearing Journal. Vol.6, n°2.

BSA Education Commitee October 2004. British Society of Audiology Guidelines on Minimum Training Standards for Otoscopy and Impression Taking.

College of Audiologists ans Speech-Language Pathologists of Ontario (March 2005). Preferred Practice Guideline for Ear Impressions.

Dillon, H. (2001). Hearing Aid Earmolds, Earshells, and Coupling Systems in Hearing Aids. New York : Thieme.

Pirzanski, C. (1997). Critical Factors In Taking an Anatomically Accurate Impression. The Hearing Journal. Vol. 50, n° 10.

Pirzanski, C. (2000). Selecting material for impression taking : The case for standard viscosity silicones. The Hearing Journal. Vol. 53, n° 10.

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Cette recommandation a été réalisée avec une collaboration multidisciplinaire

Président de la commission : Thierry RENGLET

Membres de la commission : A. Sanchez (Espagne), A. Enderle-Ammour (Allemagne),

E. Bizaguet (France), A. Bohnert (Allemagne), C. Dagain (France), L.Demanez (Belgique),B. Dierge (Belgique), M. Drach (Allemagne), Ph. Estoppey, F. Fagnoul (Belgique), G. Schram, A. Kerouedan (France), H. Krause (Allemagne), F. Kuphal (Allemagne), G. Madeira (Belgique), C. Renard (France), Cl. Vander Heyden (Belgique), P. Verheyden (Belgique), Th.Wiesner (Allemagne), F. Zajicek (Autriche)

 

Athènes, le 1er mai 2011

 

 

 

 

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Chez l’enfant sourd, la maturation des fonctions neurosensorielles, dont les voies auditives et les processus de développement du langage, est d’autant plus favorisée par l’appareillage que celui-ci est précoce et de qualité.

L’appareillage auditif de l’enfant diffère considérablement de celui de l’adulte.

1. Eléments du bilan d’orientation prothétique

La base indispensable du succès de l’appareillage auditif est la mesure du seuil de l’audition. Celle-ci doit se faire séparément pour chaque oreille et pour chaque fréquence. Pour pouvoir assurer une concordance des résultats obtenus, il faut tenir compte de tous les bilans des différents procédés audiométriques.

Cela comprend dans la première année : l’otoscopie, les résultats de l’audiométrie comportementale, la tympanométrie (226Hz et 1000Hz), les otoémissions acoustiques (TEOAEs et DPOAEs), les épreuves électrophysiologiques avec recherche de seuils au click et spécifiques en fréquence (autant que possible avec l’écouteur inséré dans le conduit auditif et si c’est nécessaire en utilisant la conduction osseuse).

Ces informations transmises par le médecin à l’audioprothésiste seront complétées par les tests spécifiques du processus d’appareillage.

2. Situations auditives

Les situations auditives à l’âge du nourrisson différent de celles de l’âge adulte. Les enfants dans la première année se trouvent souvent allongés, assis sur les genoux ou dans les bras de leurs parents. Au début, ils ne disposent pas encore du contrôle du mouvement de leur tête. Avec une mobilité croissante, les situations auditives changent continuellement. En conséquence, il faut faire évoluer le gain en fonction de la psychomotricité de l’enfant (effet larsen-LTASS différent).Long Term Average Speech Spectrum.

3. Conditions anatomiques

Le pavillon de l’oreille et le conduit auditif se composent d’un tissu très flexible. Le conduit auditif est plus étroit, plus court et encore droit, le volume est beaucoup plus petit. Par rapport à l’adulte, la pression sonore est plus élevée et la fréquence de résonance se décale vers les aigues. Pour ces raisons, le réglage des appareils auditifs doit se faire au moyen de mesures techniques qui prennent en considération l’évolution de la fonction de transfert individuelle de l’oreille (la mesure du RECD). Real Ear Coupleur Difference.

4. Embouts

Chez le jeune enfant et du fait de ces particularités anatomiques, la prise d’empreinte implique la nécessité d’une grande expérience afin d’assurer la réalisation d’embouts de qualité et de réduire les risques d’apparition du larsen. Lorsqu’un problème de larsen est rencontré, il est recommandé de mesurer l’étanchéité acoustique de l’embout ou d’en refaire un plus efficace. Pour minimiser les risques traumatiques, l’utilisation de matière souple est recommandée.

5. Processus d’appareillage

La mesure RECD intègre les qualités acoustiques du conduit de l’enfant et l’influence acoustique de l’embout à l’aide d’une sonde dans le conduit auditif. Après la mesure, l’adaptation d’appareils auditifs peut débuter de manière simulée, sans autre mesure sur l’enfant. L’utilisation d’une méthode d’appareillage spécifique à l’enfant (DSL m[i/o] v 5.0 ou NAL-NL2…) est recommandée comme algorithme de réglage initial. Les résultats des calculs des algorithmes et le réglage des appareils auditifs doivent être contrôlés au moyen du SPLogram, de mesures audiométriques et de l’observation de l’évolution de l’enfant. Il est important de souligner l’utilisation d’instruments de mesures disposant de signaux simulant la parole (réf. Par Thomas W).

Grâce au SPLogram, on a la preuve d’une transmission optimisée d’un spectre vocal à long terme (LTASS). Cela signifie que les sons faibles et forts de la parole sont transférés dans le champ dynamique résiduel de l’enfant. Le cas échéant, les raisons d’une transmission insuffisante des sons faibles et des fréquences aiguës doivent être justifiées.

Les appareils de type contour d’oreille sont les plus recommandés pour l’appareillage du tout jeune enfant. Ils doivent être solides et disposer d’une haute flexibilité de réglage pour pouvoir corriger des surdités complexes et évolutives. Ils doivent être équipés d’une entrée-audio et d’un blocage de piles. Les traitements du signal modifiant l’amplification acoustique (les multi-microphones, les réducteurs de bruit, les multi-programmes, le contrôle de volume, …) doivent être désactivés. Pour contrôler un éventuel effet larsen, seuls les systèmes travaillant en opposition de phase doivent être utilisés.

6. Contrôle de l’efficacité et évaluation

Le contrôle final doit être documenté au moyen de SPLogram, d’une mesure du gain prothétique fonctionnel en champ libre (audiométrie comportementale) et de questionnaires d’observation pour les parents et les professionnels participants à la rééducation. Il faut démontrer que les appareils auditifs sont portés sans sifflements et sont bien acceptés par l’enfant. Le SPLogram doit démontrer une transmission de niveau moyen de la parole avec une dynamique de 30 dB dans le champ auditif résiduel de l’enfant.

Dans la première année, la mesure de l’audition doit être ré-évaluée régulièrement. Un contrôle du fonctionnement et des réglages des appareils, des valeurs de RECD et du gain prothétique fonctionnel est également nécessaire (croissance, état de l’oreille moyenne). Une modification de l’audition doit être communiquée à l’équipe en charge de la rééducation précoce de l’enfant. En outre le bilan orthophonique doit être effectué régulièrement.

Pendant l’appareillage, les parents doivent être informés du service, des soins, des accessoires et des aides techniques supplémentaires. Au moment de la délivrance des appareils auditifs, une « carte des appareils auditifs » et une documentation est à remettre aux parents.

L’appareillage dans la première année est une tâche multidisciplinaire qui demande une coopération étroite de toutes les disciplines spécialisées participantes !

Recommandation BIAP 06.8 , 07 , 21 2-3 , 25.1

Littérature :

1. MCHAS, Guildeline on Hearing Aid Fitting, verification et evaluation in children, UK 2005

2. Canadian Working Group on Childhood Hearing, en 2005

3. Pediatric Amplification Protocol, les Etats-Unis AAA, en 2003

4. Guideline for Audiologic Assesment of children from birth to 5 years of age, ASHA, USA 2004

5. Papier de consensus à l’approvisionnement d’appareils auditifs dans l’enfance, vers.3, DGPP, Allemagne 2007

6. The DSL Method for Pediatric Hearing instrument Fitting : tendances dans l’amplification Volume 9, number 4, en 2005

7. Audiométrie comportementale du très jeune enfant, Monique Delaroche, Edition De Boeck - Université 2001

Cette recommandation a été réalisée avec une collaboration multidisciplinaire

Président de la commission : Thierry RENGLET

Membres de la commission : Ajuarez Sanchez (Espagne), Ahsen Enderle-Ammour, B. Azema (France), E. Bizaguet (France),A. Bohnert (Allemagne), H. Bonsel (Allemagne), C. Dagain (France), Y. Dejean (France), J. Dehaussy (France), M. Delaroche (France), L. Demanez (Belgique), M. Drach (Allemagne), (Allemagne), F. Fagnoul (Belgique),A. Korzon (Pologne), H. Kraase (Allemagne) F. Kuphal (Allemagne), G. Lux-Wellentof (Allemagne), G. Madeira (Belgique), R. Melo (Portugal), C. Renard (France), Cl. Vander Heyden (Belgique), P. Verheyden (Belgique), Th. Wiesner (Allemagne)

Bordeaux, le 1er mai 2009

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Introduction :

 

La recommandation a essentiellement pour objectif d’informer les parents, les enseignants et les organismes subsidiant des conditions d’utilisation efficace des aides électro-acoustiques complémentaires dans les classes.

La classe est une situation d’apprentissage. L’attention doit donc être soutenue. Les qualités acoustiques doivent être optimales.

La surdité, en plus de la perte quantitative, engendre des perturbations qualitatives dans le domaine de la sonie (ex: recrutement), des effets de masque, de l’analyse temporelle et des processus centraux.

Dans une classe, les enfants sont généralement soumis à de mauvaises conditions acoustiques qui sont essentiellement dues à la distance entre l’enfant et l’enseignant, au bruit ambiant et à la réverbération.

L’intelligibilité de la voix de l’enseignant est entre autre fonction du temps de réverbération de la classe. Les réverbérations masquent les caractéristiques essentielles du signal. De plus le niveau du signal vocal diminue avec la distance et le niveau de bruit de fond reste constant.

 

L’ensemble de ces éléments provoque chez les enfants entendants :

- une perte de l’information surtout au niveau des nouvelles acquisitions,

- une diminution du niveau d’attention lors des explications orales,

- une augmentation de l’irritabilité et de la fatigue,

- une augmentation du temps de réaction du à l’effort cognitif de déchiffrement de l’information orale mal perçue

 

Pour l’enfant atteint de déficience auditive, ces conséquences de mauvaises conditions acoustiques sont beaucoup plus importantes et invalidantes. Parler dans ces conditions nuit à court terme, à la qualité de sa voix et à long terme au développement de son langage.

Cela aura des conséquences négatives au niveau scolaire (baisse du rendement scolaire) et relationnel (épuisement, tensions, disputes…)

Dans un milieu bruyant, la prothèse auditive ou l’implant cochléaire, même avec les algorithmes modernes, ne suffit pas à améliorer chez un patient l’intelligibilité de la parole. L’action sur le rapport S/B est plus importante. Pour un enfant atteint de déficience auditive le rapport S/B de 15 à 20 dB est recommandé. Le jeune âge et le degré de déficience auditive sont des facteurs aggravants.

 

Les aides électro-acoustiques complémentaires concernent aussi les enfants ayant une audition normale mais avec des difficultés, par exemple :

- troubles déficitaires de l’attention

- troubles auditifs centraux

- troubles de l’apprentissage

- troubles du langage …

Ces enfants sont davantage pénalisés dans le bruit.

 

 

 

Solutions :

 

Il faut améliorer les conditions acoustiques de la classe (rec. 9-10.4)

En ce qui concerne l’utilisation des aides électro-acoustiques complémentaires différentes solutions sont proposées : la liaison HF (ou FM), la liaison par infra-rouge, la boucle magnétique et la sonorisation par haut parleur. Une information complète doit être assurée pour pouvoir choisir la solution la plus appropriée à chaque enfant.

En particulier, il faudra présenter les avantages et les contraintes de la solution retenue. Les aspects de compatibilité et de flexibilité du matériel doivent être connus.

 

1. Indication :

Une analyse multidisciplinaire est indispensable pour recommander dans une situation d’apprentissage l’utilisation d’une aide électro-acoustique complémentaire. Le degré de déficience, le mode de fonctionnement de la classe, les moyens de communication, l’âge, la présence d’interprète ou codeur doivent être pris en compte. Une évaluation sensorielle auditive et visuelle de l’enfant doit être réalisée avant de lui proposer une aide complémentaire.

L’utilisation du matériel complémentaire doit être précédé par un bilan d’adaptation spécifique avec des tests d’audiométrie tonale et vocale, des essais en milieu scolaire.

Le critère d’indication doit aussi permettre de préciser les temps d’utilisation (tout le temps, à la demande, réservé à l’école…) et qui décide de ce temps d’utilisation

 

2. Information :

Une double information doit être proposée aux enseignants. D’une part il faut les sensibiliser aux difficultés d’écoute en situation de classe et décrire les limites des aides de correction auditive.

D’autre part, les enseignants doivent être informés sur les procédures de fonctionnement ainsi que de maintenance du matériel. Des documents écrits doivent leur être remis.

Les mêmes informations doivent être données aux parents. La motivation des parents et des enseignants va jouer un rôle fondamental dans l’acceptation du matériel par l’enfant.

 

3. Acceptation :

En fonction de l’âge, certains enfants auront peut être besoin de plus de temps pour accepter le matériel qui « les relie » de manière privilégiée à leur enseignant. Un travail spécifique doit être réalisé auprès des enfants pour les aider à mieux comprendre l’intérêt de leur équipement. Les autres enfants de la classe doivent aussi recevoir une information qui leur permettra de mieux accepter l’enfant équipé de ce matériel.

 

3. Maintenance :

Des moyens doivent être mis en place pour permettre de réaliser une maintenance préventive.

Ces moyens doivent aussi permettre d’évaluer la capacité de l’enfant à porter, à ajuster et à manipuler le système. Ce matériel exige une maintenance régulière notamment pour des questions de connexions. Des protocoles de contrôle de bonne utilisation et de bon fonctionnement doivent être proposés régulièrement aux intervenants.

 

5. Subventionnement :

Les parents et les différents intervenants auprès de l’enfant doivent être informés des subventionnements possibles.

 

Le BIAP recommande l’utilisation des aides électro-acoustiques complémentaires envisagés ainsi que leur prise en charge par les différents organismes assureurs.

 

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Cette recommandation a été réalisée avec une collaboration multidisciplinaire

 

Présidents de la commission : Thierry RENGLET (Belgique) et Salvador SANTIAGO (Espagne).

 

Membres de la commission : Ajuarez Sanchez (Espagne), E. Bizaguet (France),A. Bohnert (Allemagne), H. Bonsel (Allemagne), C. Dagain (France), Y. Dejean (France), J. Dehaussy (France), L. Demanez (Belgique), M. Drach (Allemagne), A. Enderle-Ammour (Allemagne), F. Fagnoul (Belgique),A. Korzon (Pologne), H. Kraase (Allemagne) F. Kuphal (Allemagne), G. Lux-Wellentof (Allemagne), G. Madeira (Belgique), R. Melo (Portugal), Cl. Vander Heyden (Belgique), P. Verheyden (Belgique), Th. Wiesner (Allemagne).

 

Cette recommandation a été approuvée en Assemblée Générale après avoir été soumise aux comités nationaux en mai 2007 à Rhodes.

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